Hériter aux Canaries : la famille ne paie (presque) rien — si les papiers sont en ordre
Voici un fait qui surprend presque toutes les familles étrangères que nous accompagnons : aux Canaries, la plupart des successions entre proches sont pratiquement exonérées d’impôt. Sur une succession de 200 000 € d’un parent à un enfant, la facture après l’abattement régional se limite typiquement à quelques euros.
Et voici le second fait, celui qui occupe notre équipe successions : ce résultat n’est pas automatique. Il dépend du dépôt des bons documents, avec les bonnes évaluations, dans le bon délai.
L’abattement de 99,9 %, en clair
Les règles canariennes appliquent un abattement de 99,9 % sur l’impôt de succession pour :
- les héritiers des groupes I et II — conjoints, enfants et autres descendants, parents et grands-parents ; et
- le groupe III aussi — frères et sœurs, neveux et nièces, oncles et tantes, alliés — une ampleur que très peu de régions espagnoles égalent.
Pour les donations entre vifs, l’abattement existe aussi mais plus étroit : seuls les groupes I et II, et la donation doit être passée en acte authentique devant notaire. Un simple virement à un enfant ne compte pas — un détail qui a produit de coûteuses surprises.
Les pièges
- Le délai : la déclaration se dépose dans les six mois du décès. Une prorogation peut se demander — mais seulement dans les cinq premiers mois. Fenêtre manquée : majorations et intérêts rongent l’avantage.
- Les évaluations : les biens se mesurent à la valeur de référence officielle. Déclarer en dessous invite un contrôle ; la comprendre avant de déclarer l’évite.
- L’abattement doit être demandé correctement — il réduit la facture, pas l’obligation de déclarer. « Il n’y avait presque rien à payer » n’a jamais excusé une déclaration manquante.
Les héritiers non-résidents ne sont pas exclus
Si vous vivez à Paris, Bruxelles ou Genève et héritez d’un appartement à Costa Adeje, l’abattement canarien ne vous est pas fermé : après des années de jurisprudence poussée par l’UE, les héritiers non-résidents — de l’UE comme d’ailleurs — peuvent invoquer les règles régionales dont jouissent les résidents. Les successions internationales exigent des documents en plus (actes étrangers de décès et de notoriété, apostilles, un NIE par héritier), et presque tout se traite par procuration, sans voyager.
Planifier le testament tant que tout va bien
Pour les familles internationales, l’outil le plus puissant reste le règlement européen sur les successions : dans votre testament espagnol, vous pouvez choisir votre loi nationale pour régir votre succession. Le tableau complet est dans notre domaine testaments et planification.
Aux Canaries, l’impôt de succession est rarement l’ennemi. Les délais et les papiers manquants, si.
Notre équipe successions règle des successions espagnoles pour des héritiers du monde entier — prenez rendez-vous.
Cette note est une information générale, pas un conseil juridique. Pour votre situation concrète, faites-vous conseiller par un professionnel.
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